Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symbols
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unite,
Vaste comme la nuit et comme la claret,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
--Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le bejoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

- Charles Baudelaire


From Les Fleurs du mal
Translated from the French by Richard Howard
Used by permission of David R. Godine, Publisher, Inc.
Translation © 1982 by Richard Howard